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Oldies But Goodies (2): “Lonesome Town” de Ricky Nelson

Ne vous fiez pas à sa gueule d’ange et sa voix chaude. Derrière ce masque WASP se cachait une âme dépravée à l’appétit sexuel insatiable. Un démon doux et pervers. Pourtant, l’Amérique puritaine et blanche des années 50 trouvait Ricky Nelson tout à fait fréquentable. Bien plus recommandable qu’Elvis. Si elle n’avait ne serait-ce qu’entrevue l’ampleur du vice de ce garçon, les choses eurent été sensiblement différentes. Ricky Nelson, c’est une vie placée sous le signe de la débauche et ce, dès son plus jeune age. Quand avait-il perdu son pucelage? Est-ce l’été de ses 13ans avec la bonne d’un de ses voisins fermiers ? Ou à 14, avec cette prostituée de Soho à Londres? Ricky ne s’en rappelait pas. Un démon vous dis-je.

Ricky Nelson est un gosse du New Jersey, comme Sinatra ou Bruce Springsteen. Difficile de croire que ce gamin introverti flanqué d’un asthme sévère jouera les rivaux de Presley. Pourtant, Ricky possède une voix blanche et suave, de bons gènes et un charme vénéneux.

Ses comédiens de parents sont les tauliers d’un show de la télé américaine “The Adventures of Ozzie and Harriet”. Très vite, ils mettront à contribution le fils prodigue. Ricky prend sa guitare, chante “A Teenager’s Romance” et l’Amérique fond. Comme on la comprend.

Mais Ricky restera trop longtemps englué dans le show familial. Après la déflagration rock et l’avènement des magic sixties son image prend un sévère coup de vieux avec la british invasion. Pendant que les anglais font un bruit de tous les diables chez Ed Sullivan, Ricky sait qu’on ne donne pas de médailles aux héros d’hier

A partir des années 70 sa musique fait les frais de son addiction à la cocaïne. Ses disques sont moins passionnants. Beaucoup laisseront Ricky Nelson pour un sous Elvis. Tant pis pour eux. La légende et la carrière de Ricky s’arrêteront nettes en 1985 dans les débris d’un avion qu’il n’aurait jamais dû prendre. L’ange du New Jersey lègue au monde une ribambelle d’enfants plus ou moins légitimes mais surtout quelques sublimes chansons entre folk, country et rock raffiné. Ricky Nelson c’est le rêve éveillé de Chris Isaak, son modèle absolu. plus encore qu’Elvis, Buddy Holly ou Roy Orbison. Et qui pourrait lui reprocher?


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